JPC & Retraites 2016-2017

Journées de Pleine Conscience & Retraites 2016-2017

Étude: Satipatthana Sutta
Les Quatre Établissements de la Pleine Conscience

 

Bouddha rose(I) Ainsi ai-je entendu, alors qu’il résidait à Kammassadharma, ville marchande du peuple Kuru, le Très Honoré donna ces enseignements.

Un jour, Il s’adressa aux moines : « Moines », et les moines répondirent : « Oui maître. »

Le Bouddha dit :

« Moines, il existe une voie merveilleuse pour aider les êtres vivants à se purifier, à transformer complètement la souffrance et la peine, à mettre fin à la douleur et à l’anxiété, à cheminer sur le juste sentier et à réaliser le Nirvana. Les Quatre Établissements de la Pleine conscience sont cette voie.

« Quels sont ces Quatre Établissements ?

« Moines, un pratiquant s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, assidu et attentif, avec clarté, en abandonnant toutes convoitises et aversions pour cette vie.

« Il s’établit dans la Pleine conscience des sensations dans les sensations, assidu et attentif, avec clarté, en abandonnant toutes convoitises et aversions pour cette vie.

« Il s’établit dans la Pleine conscience du mental dans le mental, assidu et attentif, avec clarté, en abandonnant toutes convoitises et aversions pour cette vie.

« Il s’établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, assidu et attentif, avec clarté, en abandonnant toutes convoitises et aversions pour cette vie.


(II) « Et comment le Bhikkhu s’établit-il en permanence dans la Pleine conscience du corps dans le corps ?

« Il se rend au pied d’un arbre dans la forêt ou dans une pièce vide, s’assoit les jambes croisées dans la posture du lotus, maintient son corps droit et établit la Pleine conscience devant lui, il inspire conscient qu'il est en train d’inspirer. Il expire conscient qu'il est en train d’expirer.

« Inspirant une longue inspiration, il sait qu'il inspire une longue inspiration. Expirant une longue expiration, il sait qu'il expire une longue expiration. Inspirant une inspiration brève, il sait qu'il inspire une inspiration brève. Expirant une expiration brève, il sait qu'il expire une expiration brève.

« Il utilise la méthode suivante : ‘J’inspire, je suis conscient de tout mon corps. J’expire, je suis conscient de tout mon corps.’

« Et puis : ‘J’inspire, je calme les activités de mon corps. J’expire, je calme les activités de mon corps.’

« Tout comme un potier habile sait, quand il tourne longuement : ‘Je tourne longuement’ et sait, quand il tourne brièvement : ‘Je tourne brièvement’. De même un pratiquant, quand il inspire longuement, sait : ‘J'inspire longuement’, quand il inspire brièvement, sait : ‘J'inspire brièvement’, quand il expire longuement, sait : ‘J'expire longuement’ et quand il expire brièvement, sait : ‘J'expire brièvement.’

« Il pratique ainsi : ‘En inspirant je suis conscient de tout mon corps. En expirant, je suis conscient de tout mon corps. En inspirant, je calme les activités de mon corps. En expirant, je calme les activités de mon corps.’

« Ainsi, il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps, soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il y a ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi, il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.

« Lorsque le Bhikkhu marche, il est aussi conscient qu'il marche. Lorsqu'il est debout, il est conscient qu'il est debout. Lorsqu'il est assis, il est conscient qu'il est assis. Lorsqu'il est allongé, il est conscient qu'il est allongé. Quelle que soit la position de son corps, il en est conscient. Ainsi, il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps, soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps, soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Il contemple : ‘Il ya un corps ici’ et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi, il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.

« Bien plus, quand le Bhikkhu avance ou recule, il accorde son attention claire à son avancée ou à son recul. Lorsqu‘il regarde devant ou derrière lui, qu'il se penche ou se lève, il accorde aussi son attention claire à ce qu'il fait et de même lorsqu'il revêt la robe sanghatti ou qu'il porte le bol à aumônes. Quand il mange ou boit, mâche ou savoure sa nourriture, il accorde aussi cette attention claire à tous ces actes. Quand il passe des excréments ou de l’urine, il y accorde aussi cette claire attention. Qu‘il marche, soit debout, allongé, assis, endormi ou éveillé, qu‘il parle ou soit silencieux, son attention est clairement appliquée à tout ce qu'il fait.

« Ainsi, il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il y a ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.

« De plus, le Bhikkhu contemple ce même corps en remontant des talons et en descendant du sommet de la tête. Ce corps est recouvert de peau, plein d’impuretés : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, cartillage, os, moelle, reins, c½ur, foie, plèvre, vésicule biliaire, poumons, intestins, mésentère, excréments, bile, phlegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, sebum, salive, mucosités, synovie, urine.

« Moines, imaginez un sac que l’on peut ouvrir aux deux extrémités et qui contient toutes sortes de grains : riz complet, riz sauvage, haricot mung, haricots blancs, sésame, riz blanc. Si une personne qui possède une bonne vue ouvre le sac, elle reconnaîtra clairement tous les grains de ce sac : ‘Ceci est du riz complet, voilà du riz sauvage, des haricots mung, des haricots blancs, des graines de sésame, du riz blanc.’ De même le pratiquant passe en revue tout son corps de la plante des pieds aux cheveux du sommet de la tête, un corps contenu dans une couche de peau et rempli de toutes les impuretés appartenant au corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, cartillage, os, moelle, reins, c½ur, foie, plèvre, vésicule biliaire, poumons, intestins, mésentère, excréments, bile, phlegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, sebum, salive, mucosités, synovie, urine.

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps, soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il y a ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.


« Moines, dans n'importe quelle position de ce corps, le Bhikkhu contemple aussi les éléments qui le forment : ‘Dans ce corps, il y a l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, et l'élément air.’

« De même qu'un boucher professionel ou un apprenti boucher, après avoir tué un b½uf, s’assoit à un carrefour pour découper des quartiers de viande, le Bhikkhu passse en revue les éléments qui constituent son propre corps : ‘Dans ce corps il y a l'élément terre, l’élément eau, l’élément feu, l’élément air.’

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il y a ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier depuis un, deux, trois jours, enflé, bleuâtre, suppurant et il observe : ‘Mon propre corps possède la même nature, il finira de la même manière. C’est inévitable.’

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il y a ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier, becqueté par les corbeaux, dévoré par les faucons, les vautours et mangé par les chacals, infesté d’asticots et de vers et il observe : ‘Mon propre corps possède la même nature, il finira de la même manière. C’est inévitable.’

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il ya ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier ; un simple squelette maintenu par les ligaments, dépourvu de chair mais encore maculé d’un peu de sang "etc, comme ci-dessus

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier ; un simple squelette maintenu par les ligaments, sans aucune trace de chair ou de sang....

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier. Tout ce qui reste est un tas d’os dispersés. Ici un os de la main, là un tibia, un fémur, un bassin, des vertèbres, un crâne......

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier. Tout ce qui reste est un amas d’os blanchis de la couleur de coquillage.......

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier. Tout ce qui reste est un tas d’os secs vieux de plus d’un an.......

« Et de plus, le Bhikkhu compare son propre corps à un cadavre qu'il imagine jeté dans un charnier. Tout ce qui reste est de la poussière d’os pourris et il observe : ‘Mon propre corps possède la même nature, il finira de la même manière, c’est inévitable.’

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience du corps dans le corps, soit à l’intérieur du corps, soit à l’extérieur du corps soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le corps soit du processus de dissolution dans le corps ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Il y a ici un corps’ jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que son corps est présent. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience du corps dans le corps.


(III) « Moines, comment un Bhikkhu s’établit-il dans la Pleine conscience des sensations dans les sensations ?

« Lorsqu'il éprouve une sensation de plaisir, le Bhikkhu est conscient : ‘Je ressens une sensation de plaisir.’
« Lorsqu'il éprouve une sensation de douleur, il est conscient : ‘Je ressens une sensation de douleur.’
« Lorsque la sensation n’est ni plaisante ni déplaisante, il est conscient : ‘Je ressens une sensation ni plaisante ni déplaisante.’
« Eprouvant une sensation corporelle plaisante, il est conscient : ‘Je ressens une sensation corporelle plaisante.’
« Eprouvant une sensation plaisante du mental, il est conscient : ‘Je ressens une sensation plaisante du mental.’
« Eprouvant une sensation corporelle déplaisante, il est conscient : ‘Je ressens une sensation corporelle déplaisante.’
« Eprouvant une sensation déplaisante du mental, il est conscient : ‘Je ressens une sensation déplaisante du mental.’
« Eprouvant une sensation corporelle neutre, il est conscient : ‘Je ressens une sensation corporelle neutre.’
« Eprouvant une sensation neutre du mental, il est conscient : ‘Je ressens une sensation neutre du mental.’

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience des sensations dans les sensations, soit de l’intérieur, soit de l’extérieur, soit à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans les sensations, soit du processus de dissolution dans les sensations ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou bien il contemple : ‘Il y a une sensation’ jusqu'à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle la Pleine conscience des sensations dans les sensations. »


(IV) « Moines, comment un Bhikkhu s’établit-il dans la Pleine Conscience du mental dans le mental ?

« Lorsque son mental désire, le Bhikkhu est conscient : ‘Mon mental désire’. Lorsque son mental ne désire pas, le Bhikkhu est conscient : ‘Mon mental ne désire pas’.

« Lorsque son mental éprouve de la haine, il est conscient : ‘Mon mental éprouve de la haine’. Lorsque son mental n’éprouve pas de haine, il est conscient : ‘Mon mental n’éprouve pas de haine’.

« Lorsque son mental est dans un état d’ignorance, il est conscient : ‘Mon mental est dans un état d’ignorance’. Lorsque son mental n’est pas dans un état d’ignorance, il est conscient : ‘Mon mental n’est pas dans un état d’ignorance’.

« Lorsque son mental est rassemblé, il est conscient : ‘Mon mental est rassemblé’. Lorsque son mental n’est pas rassemblé, il est conscient : ‘Mon mental n’est pas rassemblé’.

« Lorsque son mental est distrait, il est conscient : ‘Mon mental est distrait’. Lorsque son mental n’est pas distrait, il est conscient : ‘Mon mental n’est pas distrait’.

« Lorsque son mental est sans limite, il est conscient : ‘Mon mental est sans limite’. Lorsque son mental est borné, il est conscient : ‘Mon mental est borné’.

« Lorsque son mental est capable d’atteindre un état supérieur, il est conscient : ‘Mon mental est capable d’atteindre un état supérieur’. Lorsque son mental n’est pas capable d’atteindre un état supérieur, il est conscient : ‘Mon mental n’est pas capable d’atteindre un état supérieur’.

« Lorsque son mental est concentré, il est conscient : ‘Mon mental est concentré’. Lorsque son mental n’est pas concentré, il est conscient : ‘Mon mental n’est pas concentré’.

« Lorsque son mental est libéré, il est conscient : ‘Mon mental est libéré’. Lorsque son mental n’est pas libéré, il est conscient : ‘Mon mental n’est pas libéré’.

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience du mental dans le mental, soit à l’intérieur du mental, soit à l’extérieur du mental soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du mental. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans le mental, soit du processus de dissolution dans le mental ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou bien il contemple : ‘Il y a ici le mental’ et il lui suffit d’être conscient que son mental est présent. Ainsi il s’établit n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle la Pleine conscience du mental dans le mental. »


(V) « Moines, comment un Bhikkhu s’établit-il dans la Pleine Conscience des objets du mental dans les objets du mental ? Avant tout, il observe les objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Cinq obstacles. Mais comment faire cela ?

1- « Lorsque le désir sensoriel est présent en lui, il est conscient : ‘Le désir sensoriel est présent en moi’. Ou bien, si il n’y a pas de désir sensoriel, il est conscient : ‘Il n’y a pas de désir sensoriel en moi’. Quand le désir sensoriel commence à apparaître, il en est conscient. Quand le désir sensoriel déjà apparu est abandonné, il en est conscient. Quand le désir sensoriel déjà abandonné ne réapparaîtra plus, il en est conscient.

2- « Lorsque la colère est présente en lui, il est conscient : ‘Il y a de la colère en moi’. Lorsque la colère n’est pas présente en lui, il est conscient : ‘Il n’y a pas de colère en moi’. Quand la colère commence à apparaître, il en est conscient. Quand la colère déjà apparue est abandonnée, il en est conscient. Quand la colère déjà apparue ne réapparaîtra plus, il en est conscient.

3- « Lorsque la torpeur et l'inertie sont présentes en lui, le Bhikkhu est conscient : ‘il y a de la torpeur et de l'inertie en moi’. Lorsque la torpeur et l'inertie sont absentes, il est conscient : ‘Il n’y a ni torpeur ni inertie en moi’. Quand la torpeur et l'inertie commencent à apparaître, il en est conscient. Quand la torpeur et l'inertie déjà apparues sont abandonnées, il en est conscient. Quand la torpeur et l'inertie déjà abandonnées ne réapparaîtront plus, il en est conscient.

4- « Lorsque l’agitation et le remords sont présents en lui, il est conscient : ‘L’agitation et le remords sont présents en moi’. Lorsque l’agitation et le remords sont absents, il est conscient : ‘Il n’y a ni agitation ni remords en moi’. Quand l'agitation et le remord commencent à apparaître, il en est conscient. Quand l'agitation et le remord déjà apparus sont abandonnés, il en est conscient. Quand l'agitation et le remord déjà abandonnés ne réapparaîtront plus, il en est conscient.

5- « Lorsque le doute est en lui, le Bhikkhu est conscient : ‘Le doute est en moi’. Lorsque le doute est absent, il est conscient : ‘Il n’y a pas de doute en moi’. Quand le doute commence à apparaître, il en est conscient. Quand le doute déjà apparu est abandonné, il en est conscient. Quand le doute déjà abandonné ne réapparaîtra plus, il en est conscient.

« Ainsi, il s’établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, soit intérieurement soit extérieurement, soit à la fois intérieurement et extérieurement. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans les objets du mental, soit du processus de dissolution dans les objets du mental ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou bien, il contemple : ‘Il y a ici un objet du mental’, jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience. Il lui suffit d’être conscient que les objets de son mental sont présents. Ainsi, il s’établit librement, n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle, la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental.

« Ensuite, le Bhikkhu s’établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Cinq Agrégats qui sont encore l'objet d'attachement. Il observe de cette manière : ceci est la forme, ceci est l’apparition de la forme, ceci est la disparition de la forme. Ceci est la sensation, ceci est l’apparition de la sensation, ceci est la disparition de la sensation. Ceci est la perception, ceci est l’apparition de la perception, ceci est la disparition de la perception. Ceci est les formations mentales, ceci est l’apparition des formations mentales, ceci est la disparition des formations mentales. Ceci est la conscience, ceci est l’apparition de la conscience, ceci est la disparition de la conscience.

« Ainsi, le Bhikkhu s'établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Cinq Agrégats qui sont encore l'objet d'attachement, intérieurement ou extérieurement ou à la fois intérieurement et extérieurement. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans les objets du mental du point de vue des Cinq Agrégats, soit du processus de dissolution dans les objets du mental du point de vue des Cinq Agrégats, ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou bien, il contemple : ‘Il y a ici un objet du mental’, jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience. Ainsi il s’établit librement, n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental du point de vue des Cinq Agrégats encore objets d'attachement.

« De plus, le Bhikkhu s’établit dans l’observation des objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Six Organes et des Six Objets des sens. Comment faire cela ? « Tout d’abord, moines, le Bhikkhu est conscient de la présence de ses yeux et des formes et de la production des formations mentales liées à ces deux éléments. Il est conscient de la naissance d’une nouvelle formation mentale et de la disparition d’une formation mentale déjà manifestée. Il est conscient de la non réapparition future d’une formation mentale déjà disparue.

« Le Bhikkhu est conscient de la présence de ses oreilles et des sons ; il est conscient de la production des formations mentales liées à ces deux éléments. Il est conscient de la naissance d’une nouvelle formation mentale et de la disparition d’une formation mentale déjà manifestée. Il est conscient de la non réapparition future d’une formation mentale déjà disparue.

« Le Bhikkhu est conscient de la présence de son nez et des odeurs ; il est conscient de la production des formations mentales liées à ces deux éléments. Il est conscient de la naissance d’une nouvelle formation mentale et de la disparition d’une formation mentale déjà manifestée. Il est conscient de la non réapparition future d’une formation mentale déjà disparue.

« Le Bhikkhu est conscient de la présence de sa langue et des saveurs ; il est conscient de la production des formations mentales liées à ces deux éléments. Il est conscient de la naissance d’une nouvelle formation mentale et de la disparition d’une formation mentale déjà manifestée. Il est conscient de la non réapparition future d’une formation mentale déjà disparue.

« Le Bhikkhu est conscient de son corps et du toucher ; il est conscient de la production des formations mentales liées à ces deux éléments. ll est conscient de la naissance d’une nouvelle formation mentale et de la disparition d’une formation mentale déjà manifestée. Il est conscient de la non réapparition future d’une formation mentale déjà disparue.

« Le Bhikkhu est conscient de la présence de son mental et des objets mentaux ; il est conscient de la production des formations mentales liées à ces deux éléments. ll est conscient de la naissance d’une nouvelle formation mentale et de la disparition d’une formation mentale déjà manifestée. Il est conscient de la non réapparition future d’une formation mentale déjà disparue.

« Ainsi le Bhikkhu s'établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental relativement aux six organes et aux six objets des sens, soit intérieurement soit extérieurement, soit à la fois intérieurement et extérieurement. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans les objets du mental, soit du processus de dissolution dans les objets du mental ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple : ‘Ceci sont les six sortes d'objet du mental’, jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience. Et, il lui suffit d’être conscient de la présence des objets du mental dans les objets du mental. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle, la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental du point de vue des six organes et des six objets des sens.

« Ensuite le Bhikkhu contemple les objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Sept facteurs d'éveil. Comment faire cela ?

1- « Quand le facteur d'éveil Pleine conscience est présent, le Bhikkhu est conscient qu'il est en Pleine conscience. Il contemple : ‘la Pleine conscience est présente dans le mental’. Quand il n'y a pas de Pleine conscience en lui, il est conscient : ‘Il n'y a pas de Pleine conscience dans le mental’. Il est conscient de l'apparition de la Pleine conscience non encore apparue et de la Pleine conscience déjà apparue qui se développe complètement.

2- « Quand le facteur d'éveil ‘analyse des phénomènes’ est présent, le Bhikkhu est conscient que l'analyse des phénomènes est en lui. Il observe : ‘Il y a ici de l’analyse des phénomènes’. Quand l'analyse des phénomènes n'est pas présente en lui il est conscient de son absence. Il est conscient de l'apparition de l'analyse des phénomènes non encore apparue et de l'analyse des phénomènes déjà apparue qui se développe complètement.

3- « Quand le facteur d'éveil ‘diligence’ est présent, le Bhikkhu est conscient que la diligence est en lui. Il observe : ‘Il y a ici de la diligence’. Quand la diligence n'est pas présente en lui il est conscient de son absence. Il est conscient de l'apparition de la diligence non encore apparue et de la diligence déjà apparue qui se développe complètement.

4- « Quand le facteur d'éveil ‘joie’ est présent, le Bhikkhu est conscient que la joie est en lui. Il observe : ‘Il y a ici de la joie’. Quand la joie n'est pas présente en lui il est conscient de son absence. Il est conscient de l'apparition de la joie non encore apparue et de la joie déjà apparue qui se développe complètement.

5- « Quand le facteur d'éveil ‘aisance’ est présent, le Bhikkhu est conscient que l'aisance est en lui. Il observe : ‘Il y a ici de l'aisance’. Quand l'aisance n'est pas présente en lui, il est conscient de son absence. Il est conscient de l'apparition de l'aisance, non encore apparue et de l'aisance déjà apparue, qui se développe complètement.

6- « Quand le facteur d'éveil ‘concentration’ est présent, le Bhikkhu est conscient que la concentration est en lui. Il observe : ‘Il y a ici de la concentration’. Quand la concentration n'est pas présente en lui, il est conscient de son absence. Il est conscient de l'apparition de la concentration non encore apparue et de la concentration déjà apparue qui se développe complètement.

7- « Quand le facteur d'éveil ‘équanimité’ est présent, le Bhikkhu est conscient que l'équanimité est en lui. Il observe : ‘Il y a ici de l'équanimité’. Quand l'équanimité n'est pas présente en lui il est conscient de son absence. Il est conscient de l'apparition de l'équanimité, non encore apparue et de l'équanimité déjà apparue qui se développe complètement.

« Ainsi, il s’établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental du point de vue des Sept facteurs d'éveil, soit intérieurement soit extérieurement soit à la fois intérieurement et extérieurement. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans les objets du mental du point de vue des facteurs d'éveil, soit du processus de dissolution dans les objets du mental de ce point de vue ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou il contemple: ‘Il y a ici un objet du mental’, jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience et il lui suffit d’être conscient que les objets de son mental sont présents. Ainsi il s’établit librement n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce qu'on appelle la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Sept facteurs d'éveil.

« Ensuite le Bhikkhu contemple les objets du mental dans les objets du mental du point de vue des Quatre Nobles Vérités. Comment faire cela ?

« Quand la souffrance est présente, le Bhikkhu est conscient : ‘La souffrance est présente’. Quand la cause de la souffrance est présente, le Bhikkhu est conscient : ‘La cause de la souffrance est présente’. Quand l'extinction de la souffrance est évidente, le Bhikkhu est conscient : ‘La souffrance peut se terminer’. Quand la voie qui mène à l'extinction de la souffrance est évidente, le Bhikkhu est conscient : ‘Il y a une voie qui mène à l’extinction de la souffrance’.

« Ainsi il s’établit dans la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Quatre Nobles vérités, soit à l’intérieur des objets du mental, soit à l’extérieur des objets du mental, soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des objets du mental. Il s’établit soit dans la Pleine conscience du processus de devenir dans les objets du mental du point de vue des Quatre Nobles Vérités, soit du processus de dissolution dans les objets du mental de ce point de vue, ou bien dans la Pleine conscience des deux à la fois. Ou bien, il contemple : ‘Il y a ici un objet du mental’, jusqu’à ce que viennent la compréhension et la Pleine conscience. Et il lui suffit d’être conscient que les objets de son mental sont présents. Ainsi, il s’établit librement, n’étant pris dans aucune considération attachée au monde. C’est ce que l'on appelle la Pleine conscience des objets du mental dans les objets du mental, du point de vue des Quatre Nobles Vérités.

(VI) « Moines, celui qui pratique les Quatre Etablissements de la Pleine conscience pendant sept ans peut espérer un de ces deux résultats : la plus haute compréhension ici même et dans cette vie même ou, s’il demeure encore quelqu’attachement, l’état de non-retour. Mais laissons ces sept ans, moines. Celui qui pratique les Quatre Etablissements de la Pleine conscience pendant six ans, peut espérer un de ces deux résultats : la plus haute compréhension ici même et dans cette vie même ou, s’il demeure encore quelqu’attachement, l’état de non-retour. Mais laissons ces six ans, moines. Celui qui pratique les Quatre Etablissements de la Pleine conscience pendant cinq, quatre, trois, deux ans ou un an peut espérer un de ces deux résultats : la plus haute compréhension ici même et dans cette vie même ou, s'il demeure encore quelqu’attachement, l’état de non-retour. Mais laissons cette année, moines. Celui qui pratique les Quatre Etablissements de la Pleine conscience pendant sept mois peut espérer un de ces deux résultats : la plus haute compréhension ici même et dans cette vie même ou, s'il demeure encore quelqu’attachement, l’état de non- retour. Mais laissons ces sept mois, moines. Celui qui pratique les Quatre Etablissements de la Pleine conscience pendant six, cinq, quatre, trois, deux, un, un demi-mois peut espérer un de ces deux résultats : la plus haute compréhension ici même et dans cette vie même ou, s’il demeure encore quelqu’attachement, l’état de non- retour. Mais laissons ce demi-mois moines. Celui qui pratique les Quatre Etablissements de la Pleine conscience pendant une semaine peut espérer un de ces deux résultats : la plus haute compréhension dans cette vie ou, s'il demeure encore quelqu'attachement, l’état de non-retour. Voilà pourquoi je vous ai dit que cette voie, la voie des Quatre Etablissements de la Pleine conscience, est le seul moyen qui aide les êtres à se purifier, à surmonter la souffrance et la peine, à mettre fin à la douleur et à l’anxiété, à emprunter la voie juste et à réaliser le Nirvana. Cette voie est la voie des Quatre Etablissements de la Pleine conscience.

Les moines se réjouirent à l’écoute du Très Honoré et mirent les enseignements en pratique.

Nos dix prochaines activités :

26 Juin 2017 - 19:00 : Méditation du lundi
28 Juin 2017 - 19:00 : Méditation du mercredi
29 Juin 2017 - 12:00 : Méditation du jeudi midi
29 Juin 2017 - 19:00 : Thursday evening meditation
03 Juillet 2017 - 18:00 : Rencontre d'information
03 Juillet 2017 - 19:00 : Méditation du lundi
05 Juillet 2017 - 19:00 : Méditation du mercredi
06 Juillet 2017 - 12:00 : Méditation du jeudi midi
06 Juillet 2017 - 18:00 : Information session
06 Juillet 2017 - 19:00 : Thursday evening meditation
Les chrétiens sont mes frères. Je ne veux pas faire d'eux de nouveaux bouddhistes. Je veux les aider à approfondir leur propre tradition.
- Thich Nhat Hanh